Incertitude et inquiétude face à l'avenir : Israël marqué par des combats prolongés


Trois ans après l'attaque du 7 octobre, la société israélienne est marquée par une profonde incertitude, une baisse de confiance en l'avenir et une inquiétude croissante concernant la sécurité nationale, la cohésion sociale et la direction politique, selon une nouvelle étude menée par le Dr Nimrod Nir de l'Institut Agam et le Dr Gayil Talshir de l'Université hébraïque de Jérusalem.
L'enquête révèle que 36 % des Israéliens se disent pessimistes quant à l'avenir du pays, contre 33 % qui affichent un optimisme clair. Par rapport aux années précédentes, ces deux sentiments ont reculé, ce qui suggère qu'une part croissante de la population est incertaine quant à la direction que prend le pays.
Les résultats mettent également en évidence une crise de confiance majeure concernant l'avenir de la prochaine génération. Moins d'un quart des Israéliens pensent que leurs enfants vivront dans une réalité meilleure. Moins de la moitié de la population estime qu'Israël est plus sûr aujourd'hui qu'avant le 7 octobre et le début de la guerre, tandis que près d'un tiers considère que le pays est moins sûr.
La cohésion sociale demeure une autre préoccupation centrale. Plus de la moitié des Israéliens, qu'ils soient juifs ou arabes, estiment que la guerre a accentué les divisions au sein de la société israélienne. Seul un quart environ pense que la guerre a renforcé l'unité. L'étude montre une augmentation continue du sentiment de division sociale par rapport aux deux années précédentes.
L'enquête révèle aussi qu'environ 20 % des Israéliens envisagent de quitter Israël compte tenu de la situation sécuritaire et sociale actuelle. Moins des deux tiers affirment ne pas envisager d'émigrer.
Concernant les objectifs affichés de la guerre, la plupart des Israéliens estiment que les buts fixés par le Premier ministre Benjamin Netanyahou au début du conflit — décrits comme l'obtention d'une "victoire totale"— n'ont pas été atteints. Moins de
20 % pensent que ces objectifs ont été atteints en grande partie ou totalement.
La population continue également de désigner les responsables des défaillances ayant permis l'attaque du Hamas le 7 octobre. Environ la moitié des Israéliens attribuent la responsabilité principale au gouvernement israélien, tandis qu'un tiers environ la fait porter à l'appareil de sécurité du pays. En se projetant vers l'avenir, les Israéliens identifient deux priorités majeures pour le prochain gouvernement : rétablir la sécurité et prévenir un nouvel événement comparable au 7 octobre, ainsi que réduire le coût de la vie.
Ces résultats mettent également en évidence un défi politique manifeste pour Netanyahou. Seul un tiers environ des Israéliens souhaitent le voir occuper le poste de prochain Premier ministre. Parmi les quelque deux tiers qui privilégient une autre candidature, environ la moitié penche pour Gadi Eisenkot, tandis que les autres se partagent entre Naftali Bennett et Avigdor Lieberman.
L'étude a été menée par le Dr Nimrod Nir, de l'Institut Agam, et le Dr Gayil Talshir, de l'Université hébraïque de Jérusalem, les 5 et 6 octobre 2026. L'échantillon comprenait 2 437 personnes interrogées, toutes citoyennes israéliennes.
Caroline Haïat





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