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Israël met au point un outil IA pour redonner la parole aux enfants à l'hôpital

Photo du rédacteur: Caroline Haïat
Caroline Haïat
il y a 5 heures
3 min de lecture
Dr Oshrat Sella Weiss avec un patient. @Service de communication de Clalit-Schneider
Dr Oshrat Sella Weiss avec un patient. @Service de communication de Clalit-Schneider

Le centre médical pédiatrique Clalit-Schneider et l’organisation Code for Israel ont développé un système utilisant l’intelligence artificielle pour permettre aux enfants privés de parole de communiquer plus facilement avec les équipes médicales et leurs proches. Grâce à cette technologie, des tableaux de communication personnalisés peuvent être générés et imprimés en moins de cinq minutes, contre parfois plusieurs heures auparavant.


Comment permettre à un enfant hospitalisé de signaler qu’il souffre, qu’il a peur ou qu’il souhaite simplement voir ses parents lorsqu’il ne peut pas parler ? C’est le défi auquel répond une nouvelle solution technologique développée en Israël par le centre médical pédiatrique Clalit-Schneider, en collaboration avec Code for Israel, une communauté de bénévoles issus du secteur technologique.


La technologie génère en quelques minutes des tableaux de communication adaptés aux besoins spécifiques de chaque enfant. Ces supports visuels lui permettent d’exprimer ses douleurs, ses besoins, ses émotions et ses questions, mais aussi de participer plus activement aux décisions concernant sa prise en charge médicale.


L’initiative est née d’un besoin identifié par l’équipe d’orthophonie du centre médical Clalit-Schneider. Pour certains enfants hospitalisés, notamment ceux admis en soins intensifs, communiquer représente un véritable défi.


Certains sont placés sous ventilation invasive, ce qui les empêche d’utiliser les structures nécessaires à la parole. D’autres présentent déjà des difficultés liées au langage, à l’élocution ou à la voix. Enfin, certains enfants ne savent pas encore écrire ou sont trop affaiblis par leur état de santé pour communiquer par écrit.


De plusieurs heures à moins de cinq minutes


Jusqu’à présent, la création de ces supports personnalisés nécessitait souvent un travail manuel important. Selon la complexité des besoins, leur préparation pouvait prendre plus de 30 minutes, voire plusieurs heures.

Cette contrainte limitait la capacité des équipes médicales à proposer rapidement une solution adaptée à chaque patient.


La plateforme facilite également la modification des supports existants, leur partage entre professionnels de santé et leur archivage dans une bibliothèque réutilisable.


"Lorsqu’un enfant ne peut pas parler, il ne perd pas seulement sa voix : il peut aussi perdre la capacité de dire qu’il souffre, qu’il a peur ou qu’il veut simplement retrouver ses parents", explique la Dre Oshrat Sella Weiss, responsable du service d’orthophonie du centre médical pédiatrique Clalit-Schneider.

En redonnant aux jeunes patients un moyen d’exprimer leurs besoins, le dispositif peut également les aider à retrouver un sentiment de contrôle dans un environnement hospitalier souvent éprouvant.


Pour Idan Roll, directeur général de Code for Israel et ancien député israélien et vice-ministre des Affaires étrangères, ce projet illustre la manière dont les compétences du secteur technologique peuvent contribuer à résoudre des difficultés concrètes rencontrées par les services publics.


"La technologie peut agir comme un multiplicateur de capacités pour les services publics confrontés à des défis complexes et à une charge de travail importante", explique-t-il.


Il insiste sur l’importance de rapprocher les besoins identifiés sur le terrain de l’expertise de la communauté technologique israélienne. Cette coopération permet de concevoir des solutions qui soutiennent les professionnels et leur donnent davantage de moyens pour répondre aux difficultés auxquelles ils sont confrontés.


Le système développé pour Schneider illustre ainsi une approche dans laquelle l’intelligence artificielle ne vise pas à remplacer les soignants, mais à leur fournir des outils pour améliorer leur efficacité et consacrer davantage de temps aux patients.

Cette initiative met également en lumière le potentiel des collaborations entre établissements médicaux et bénévoles du secteur technologique.


En associant l’expertise clinique à des compétences en développement numérique, ces partenariats peuvent transformer un besoin très spécifique en une solution susceptible d'être utilisée auprès d'un nombre croissant de patients.


À Clalit-Schneider, l'intelligence artificielle trouve ainsi une application concrète au service des enfants les plus vulnérables. Dans un contexte où chaque échange peut compter, permettre à un enfant de signaler une douleur, de poser une question ou d'exprimer une émotion représente bien davantage qu'un progrès technique : c'est une manière de préserver sa place au cœur de ses propres soins.


Caroline Haïat



 
 
 

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