Un tiers des jeunes israéliens souffrent de dépression, d’anxiété ou de stress post-traumatique
- Caroline Haïat

- 25 juin
- 2 min de lecture

Près de trois ans après le début de la guerre du 7 octobre 2023, la santé mentale des jeunes adultes israéliens montre des signes encourageants d’amélioration. Toutefois, les séquelles psychologiques du conflit demeurent importantes, selon une enquête nationale menée conjointement par la caisse de santé Clalit et le Myers-JDC-Brookdale Institute.
Les résultats révèlent que la proportion de jeunes Israéliens âgés de 18 à 34 ans présentant des symptômes cliniques de dépression, d’anxiété ou de stress post-traumatique (PTSD) est passée de 51 % en décembre 2023 à 34 % en juillet 2025. Cette baisse significative témoigne d’une certaine résilience de la population et de l’impact des efforts déployés par le système de santé israélien depuis le début de la guerre.
Malgré cette amélioration, la situation reste préoccupante : un jeune adulte sur trois continue de souffrir de troubles psychologiques à un niveau clinique.
L’étude met également en évidence un autre aspect souvent négligé : l’impact concret de ces troubles sur la vie quotidienne. Au-delà des symptômes, les chercheurs ont évalué la capacité des personnes interrogées à étudier, travailler, entretenir des relations sociales et accomplir leurs activités habituelles.
23 % des jeunes adultes déclarent souffrir d’une altération sévère de leur fonctionnement quotidien en raison de leur état psychologique. En comparaison, cette proportion atteint 19 % chez les personnes âgées de 35 ans et plus. Autrement dit, près d’un quart des jeunes Israéliens voient leur vie quotidienne profondément perturbée par les conséquences émotionnelles de la guerre.
Pour le professeur Ran Balicer, directeur général adjoint et directeur de l’innovation chez Clalit, les premiers résultats positifs ne doivent pas conduire à un relâchement des efforts.
"Les données suggèrent que les programmes de soutien psychologique mis en place depuis le 7 octobre commencent à produire des résultats. Les taux de symptômes significatifs diminuent clairement, en particulier chez les jeunes adultes. Cependant, nous ne pouvons pas nous permettre de baisser la garde", explique-t-il.
Même constat du côté du Myers-JDC-Brookdale Institute. Hadar Samuel souligne que l’originalité de cette étude réside dans sa capacité à mesurer les conséquences réelles des troubles psychologiques.
"Le lien entre la détresse émotionnelle et la dégradation du fonctionnement quotidien nous permet de mieux comprendre l’impact de la guerre sur la population. Le fait que 23 % des jeunes adultes signalent une altération sévère de leur fonctionnement montre que le défi dépasse largement la souffrance émotionnelle. Il affecte la capacité à étudier, à travailler, à maintenir des relations sociales et à mener une vie normale", explique-t-elle.
Si la baisse du niveau global de détresse constitue une évolution encourageante, les experts estiment que les chiffres restent alarmants. Le fait qu’un tiers des jeunes adultes présente encore des symptômes importants et qu’un quart rencontre des difficultés majeures dans sa vie quotidienne souligne l’urgence de renforcer les services de santé mentale, de les rendre plus accessibles et de développer des programmes spécifiquement destinés à la jeunesse israélienne.
Caroline Haïat




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