"Avec sensibilité et détermination" : une exposition consacrée au Gush Katif ouvre à Tel-Aviv
- Caroline Haïat

- il y a 2 jours
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Vingt et un ans après le désengagement de Gaza, une nouvelle exposition revient sur l’histoire du Gush Katif et sur les questions qui continuent de traverser la société israélienne. Présentée pour la première fois au cœur de Tel-Aviv par le Centre de commémoration du patrimoine du Gush Katif, elle entend favoriser un dialogue ouvert, attentif et respectueux entre des Israéliens aux points de vue différents.
Intitulée "Avec sensibilité et détermination", l’exposition sera présentée le 3 septembre à l'espace culturel Bifnocho au cœur de Tel-Aviv. Elle retrace l’histoire du Gush Katif depuis les débuts de l’implantation juive dans la région, le développement des communautés et de l’agriculture, jusqu’au plan de désengagement de 2005, à l’évacuation des habitants et aux conséquences humaines et sociales qui ont suivi.

Une histoire racontée en quatre étapes
Construite principalement à partir de photographies de presse et de documents d’archives, l’exposition est organisée en quatre parties : "Ancrage", "Implantation", "Désengagement" et "Reconstruction".
L’objectif de l’exposition ne se limite pas à raconter ce qui s’est passé il y a 21 ans.
Elle cherche également à examiner la manière dont certaines des questions soulevées à l’époque continuent de traverser la société israélienne : les relations entre implantation et démocratie, les limites de la contestation et de l’obéissance, la confiance dans le système judiciaire et les institutions de l’État, les relations entre l’armée et la société, ainsi que la capacité de groupes aux opinions opposées à reconnaître la douleur de l’autre.
Du désengagement au 7 octobre
Les événements du 7 octobre 2023 et la guerre à Gaza ont également fait resurgir certaines questions liées au retrait israélien de la bande de Gaza.
Parmi elles figure notamment la question de la signification stratégique du retrait et de l’idée selon laquelle Israël pouvait maintenir une séparation durable entre Gaza et son territoire.
Les importantes mobilisations qui ont accompagné les débats sur la réforme judiciaire ont, elles aussi, fait ressurgir certaines questions déjà présentes lors de la contestation contre le désengagement : les limites de la protestation, la désobéissance, le refus de servir, la responsabilité de l’État et les relations entre les citoyens et les institutions.
Pour les organisateurs, revenir sur les événements de 2005 permet donc de mieux comprendre certains des processus qui ont marqué la société israélienne depuis deux décennies.
L’objectif n’est pas de déterminer à nouveau qui avait raison, mais de comprendre comment cette période a contribué à créer certaines des blessures, frustrations et défiances qui existent encore aujourd’hui.

"Une blessure encore ouverte"
Pour le rabbin Kobi Bornstein, directeur du contenu du Centre de commémoration du patrimoine du Gush Katif, cette histoire reste pleinement actuelle.
"Vingt et un ans après le désengagement, l’histoire de Gush Katif continue d’être présente et pertinente dans les principaux débats de la société israélienne", explique-t-il. Selon lui, il ne s’agit pas simplement d’un souvenir historique, mais d’une histoire qui continue de soulever des questions sur la société, l’État, la responsabilité et le leadership.
Pour de nombreuses familles déplacées, cette période représente encore "une blessure ouverte". L’exposition doit ainsi permettre de raconter cette histoire, mais également de créer un espace de rencontre et d’écoute.
Permettre un dialogue entre des points de vue différents
La commissaire de l’exposition, Galit Litani, issue du monde de l’archéologie et dont le parcours diffère de celui des acteurs historiques du Gush Katif, a souhaité construire une présentation accessible également aux visiteurs qui connaissent peu cette histoire.
L’objectif est de permettre au public de découvrir les événements avec curiosité et ouverture, y compris lorsque son propre point de vue sur le désengagement ou sur l’implantation juive dans la région est très différent de celui présenté dans l’exposition.
Pour Avital Hefer, directrice des projets d’impact du groupe Reality, l’événement correspond à la vocation de l’espace qui accueille l’exposition : créer un lieu où peuvent être présentées des histoires complexes et controversées et où différentes composantes de la société israélienne peuvent se rencontrer.
Dans une période marquée par une forte polarisation, il s'agit de favoriser un dialogue social respectueux et rassembleur, permettant d’écouter le récit de l’autre et de discuter de questions qui n’ont pas nécessairement de réponses simples.

Une série de rencontres et d’événements sera organisée parallèlement à l’exposition afin de confronter différents points de vue sur le Gush Katif et sur les questions que son histoire continue de soulever.
Des photographies de Dror Vanunu, Debbie Rosen, Miri Tzachi, Gladys Blank et Rina Castelnuovo seront notamment présentées, ainsi que l’œuvre "Saison de transition" de l’artiste Leah Marmorstein-Yarchi.
A découvrir jusqu'au 3 octobre, 9, rue Itamar Ben-Avi à Tel-Aviv
Caroline Haïat





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