Israël : détecter les formes agressives du cancer de la prostate avant l’opération
- Caroline Haïat

- il y a 6 jours
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Une équipe du Clalit du centre médical Soroka à BeerSheva apporte un nouvel éclairage dans la prise en charge du cancer de la prostate, le plus fréquent chez l’homme. Publiée dans la revue JU Open Plus, l’étude montre qu’il serait possible d’identifier plus précisément les formes agressives de la maladie avant même la chirurgie, grâce à des critères simples issus de la biopsie.
À la tête de cette recherche, le professeur Nicola Mabjeesh, chef du département d’urologie, met en lumière une limite majeure des outils actuels. "Certains patients apparaissent à faible risque sur la base du PSA, du grade tumoral ou de l’IRM, alors qu’en réalité, leur cancer est plus étendu", explique-t-il.

Le cancer de la prostate se développe dans une petite glande située sous la vessie. Dans de nombreux cas, il évolue lentement et peut rester asymptomatique pendant des années. Mais certaines formes sont plus agressives et peuvent s’étendre au-delà de la prostate, rendant cruciale la distinction entre les patients pouvant être simplement surveillés et ceux nécessitant un traitement rapide.
L’étude a porté sur 131 patients opérés entre 2020 et 2024. Les chercheurs ont cherché à dépasser les indicateurs traditionnels en se concentrant sur deux paramètres concrets issus de la biopsie fusion (IRM et échographie combinées) : le nombre de zones cancéreuses détectées et la longueur de la plus grande lésion.
Le raisonnement est simple : plus le nombre de foyers cancéreux est élevé et plus la taille de la lésion principale est importante, plus le risque que la maladie soit avancée est élevé.
Les résultats sont significatifs. Après l’intervention, environ 41 % des patients présentaient une maladie plus avancée que prévu, avec une extension au-delà de la prostate, une atteinte des vésicules séminales ou des marges chirurgicales positives.
Fait marquant : contrairement aux attentes, les indicateurs classiques n’ont pas permis de prédire de manière fiable ces formes avancées. En revanche, les deux nouveaux critères étudiés se sont révélés fortement corrélés à l’agressivité réelle de la maladie.
"Aujourd’hui, les décisions reposent largement sur le grade tumoral. Par exemple, un grade 1 conduit souvent à une simple surveillance active. Nous proposons d’ajouter un niveau d’analyse : si plus de trois zones sont atteintes, une chirurgie devrait être envisagée", précise le professeur Mabjeesh.
Ces données pourraient également orienter le choix entre chirurgie et radiothérapie, en révélant une extension tumorale sous-estimée.
L’un des apports majeurs de l’étude est d’avoir identifié des patients considérés comme "à faible risque" selon les critères standards, mais qui présentaient en réalité une maladie plus étendue.
Selon les chercheurs, l’intégration de ces nouveaux indicateurs pourrait affiner la sélection des patients éligibles à une simple surveillance et éviter des traitements inadaptés. L’analyse suggère qu’elle pourrait réduire le surtraitement dans certains cas, bien que de manière modérée.
"La prochaine étape consiste à valider ces critères sur des cohortes plus importantes afin de permettre leur intégration dans la pratique clinique", indique le professeur Mabjeesh, qui estime que ces paramètres pourraient à terme être intégrés aux recommandations internationales.
Caroline Haïat




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