L’OMS distingue Clalit parmi les modèles de référence pour l’utilisation de l’IA dans la santé
- Caroline Haïat

- il y a 15 minutes
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L’organisation israélienne de santé Clalit figure parmi les quatre approches internationales mises en avant par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les systèmes de santé.
Dans un nouveau rapport consacré à l’utilisation concrète de l’IA dans les systèmes de santé européens, l’OMS analyse la manière dont les établissements passent de l’expérimentation à l’intégration de ces technologies dans les soins. Le rapport examine onze études de cas provenant de différents pays, dont trois en Israël, parmi lesquelles deux concernent Clalit.
Un cadre pour évaluer l’IA avant son utilisation
Au cœur de la contribution de Clalit se trouve Optica, un dispositif développé pour évaluer les outils d’intelligence artificielle avant leur déploiement dans la pratique clinique.
Le modèle repose sur une liste de contrôle pouvant compter jusqu’à 77 critères, répartis en 13 sections et quatre grands domaines : pertinence clinique, évaluation des données, développement et évaluation des performances, ainsi que déploiement et suivi.
Le processus implique cinq catégories de parties prenantes, allant des spécialistes médicaux aux responsables des infrastructures d’IA de l’organisation.
Surtout, l’évaluation ne s’arrête pas au moment où l’outil est approuvé. Optica prévoit également un suivi continu après son déploiement, afin de vérifier que le système reste sûr et efficace dans le temps.
L’IA pour détecter des patients à risque
Un autre cas israélien présenté dans le rapport concerne des recherches menées par le Clalit Research Institute sur l’hépatite C. Les chercheurs ont développé un modèle utilisant 25 années de données médicales afin d’identifier les personnes présentant un risque élevé d’être porteuses du virus sans le savoir.
Lors d’une campagne de dépistage sur environ 50 000 personnes, seules quelques dizaines de porteurs avaient auparavant été identifiés. En ciblant environ 500 personnes considérées comme présentant un risque plus élevé par le modèle, les médecins ont identifié 38 nouveaux porteurs.
Cette approche ciblée a ainsi considérablement amélioré l’efficacité du dépistage.
Mais l’OMS souligne que le succès du dispositif ne repose pas uniquement sur la performance de l’algorithme. Son intégration dans le travail quotidien des médecins et la capacité du système à fournir des explications compréhensibles ont également joué un rôle déterminant.
Faire face à la pénurie de radiologues
Le troisième cas israélien concerne Aidoc, une entreprise israélienne spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée à l’imagerie médicale.
Clalit utilise une plateforme permettant de faire fonctionner simultanément plusieurs algorithmes développés par différents fournisseurs. Une technologie particulièrement pertinente dans un contexte de pénurie de radiologues et d’augmentation constante du nombre d’examens d’imagerie.
Là encore, l’OMS insiste sur l’importance de la gouvernance. Des professionnels de santé doivent rester responsables du déploiement des outils, tandis que les systèmes d’IA doivent faire l’objet d'un suivi permanent, notamment après les mises à jour des équipements ou des logiciels.

D’autres systèmes de santé européens arrivent à des conclusions similaires.
À l’hôpital universitaire d’Helsinki, 60 outils d’IA ont été évalués, mais seulement 15 ont finalement été déployés, soit environ un quart des solutions étudiées.
Ce chiffre illustre une distinction de plus en plus importante entre une intelligence artificielle qui fonctionne sur le plan technique et une technologie capable de fonctionner de manière sûre et efficace dans un véritable environnement médical.
Selon l’OMS, seule une minorité des projets étudiés utilisent des cadres d’évaluation formels permettant de mesurer le lien entre le déploiement de l’IA et les résultats cliniques réels.
Pour les systèmes de santé, cette question constitue désormais l’un des principaux défis de la révolution de l’IA. Un algorithme performant n’est qu’un point de départ. Il doit également pouvoir s’intégrer aux pratiques médicales existantes, être compris par les professionnels, protéger les données des patients et conserver sa fiabilité dans le temps.
Israël veut rester à la pointe de l’IA médicale
La reconnaissance de l’OMS place Clalit parmi les organisations qui développent aujourd’hui des méthodes structurées pour encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le domaine médical.
Elle illustre également la place croissante d’Israël dans le développement des technologies médicales, à la croisée de son écosystème technologique et de son système de santé.
Le modèle développé par Clalit apporte une réponse possible : une IA ne doit pas simplement être approuvée puis déployée. La prochaine étape de l’IA dans la médecine pourrait donc être moins une course à l’algorithme le plus puissant qu’une course à la mise en place des meilleurs mécanismes de contrôle, de sécurité et de responsabilité.
Caroline Haïat





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