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La tech israélienne change de modèle de croissance

  • Photo du rédacteur: Caroline Haïat
    Caroline Haïat
  • il y a 5 heures
  • 3 min de lecture

L’année 2025 a marqué un tournant profond pour l’écosystème technologique israélien. Plus qu’un simple rebond après les turbulences de 2023–2024, les chiffres du rapport annuel de Startup Nation Finder révèlent une transformation structurelle : la croissance ne repose plus sur l’abondance de capital ou l’expansion des effectifs, mais sur la productivité, l’intégration technologique et l’exécution. Avec plus de 111 milliards de dollars de transactions, l’écosystème israélien dépasse largement ses performances de 2024 et surpasse même celles de 2021. Mais derrière ces montants spectaculaires se cache une réalité plus stratégique : Israël est entré dans une phase de maturité industrielle.


La high-tech représente désormais 56 % des exportations israéliennes, contre 52 % en 2023. Plus frappant encore, la contribution au PIB par employé progresse de 1,4 %, alors même que l’emploi high-tech recule légèrement (-0,7 %). La valeur exportée par salarié augmente d’environ 3 %, soit presque le double de la progression observée l’année précédente.


Autrement dit, la croissance israélienne repose désormais sur l’efficacité, et non sur la taille.


L’IA transforme la structure même des entreprises


L’intelligence artificielle, longtemps perçue comme un vecteur de promesses, est devenue une infrastructure opérationnelle au cœur des entreprises. En 2025, l’impact de l’IA en Israël est avant tout organisationnel. Elle comprime les cycles de développement, automatise des pans entiers du travail logiciel et permet à de petites équipes hautement spécialisées de produire des solutions autrefois réservées à de grands groupes.


Cette évolution explique la forte spécialisation verticale de l’écosystème : 76 % des entreprises israéliennes en IA sont positionnées sur des verticales spécifiques. Près de la moitié sont des sociétés AI-first développant des applications métier dédiées.

Si les plateformes horizontales ne représentent que 15 % des entreprises, elles captent toutefois plus de la moitié des financements IA et de la valeur des opérations de M&A, confirmant leur rôle stratégique dans les grandes architectures technologiques mondiales. À l’inverse, les acteurs verticaux démontrent une capacité croissante à créer de la valeur ciblée, captant 27 % des financements IA malgré leur taille plus modeste.


Cette transition technologique s’accompagne d’un changement profond du marché du travail. Les entreprises israéliennes optimisent désormais ce que le rapport qualifie de “densité d’exécution” : moins de postes périphériques, plus de rôles directement liés à la conversion de la recherche en produit et du produit en chiffre d’affaires.

Les recrutements progressent de 11 % dans les fonctions Produit, QA et Data, tandis que les rôles administratifs et business reculent de 10 %. La R&D reste centrale, représentant près de la moitié des effectifs, avec une croissance modérée mais constante.


Les secteurs de la cybersécurité, de la défense et du fintech se distinguent particulièrement, portés par une amélioration continue observée depuis le deuxième trimestre 2024. Cette résilience alimente la confiance des investisseurs internationaux et renforce l’attractivité stratégique d’Israël dans un environnement mondial incertain.


Les accords d’Abraham entrent dans une phase opérationnelle


L’engagement régional évolue lui aussi. En 2025, les relations issues des accords d’Abraham quittent le registre symbolique pour devenir fonctionnelles. Les investissements liés à la région MENA atteignent 186 millions de dollars, un niveau inédit depuis 2021. Ces flux restent modestes, mais ils sont caractérisés par leur récurrence : un nombre restreint d’investisseurs représente plus de la moitié des opérations, notamment via des tours précoces et des projets pilotes. Les Émirats arabes unis s’imposent comme la principale porte d’entrée régionale, avec un intérêt marqué pour l’agritech, la foodtech, la cybersécurité et les technologies industrielles.


Enfin, derrière les grandes acquisitions médiatisées, le marché des fusions-acquisitions se normalise. La majorité des opérations concernent des sorties à des stades plus précoces, motivées par l’acquisition de compétences et l’intégration technologique plutôt que par la taille pure. Si les acquéreurs israéliens réalisent 38 % des transactions, la quasi-totalité de la valeur est captée par des acteurs étrangers, confirmant l’attractivité internationale durable de la technologie israélienne.


Caroline Haïat



 
 
 

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