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"Et pourtant, l’espoir" : à Tel-Aviv, une exposition explore la création au cœur de la douleur

Photo du rédacteur: Caroline Haïat
Caroline Haïat
il y a 14 minutes
3 min de lecture
Rêve et réalité
Rêve et réalité

Vingt artistes présenteront leurs œuvres dans une nouvelle exposition "Et pourtant, l'espoir" à partir du 29 octobre à l'espace Bifnocho à Tel-Aviv. Cet événement est consacré aux blessures physiques, aux souffrances psychologiques et à la vie avec la maladie. À travers la peinture, la sculpture, la photographie et d’autres formes d’expression, "Et pourtant, l’espoir" propose une réflexion sur la capacité à continuer de créer et d’avancer, même lorsque la douleur demeure.


L’exposition s’inscrit dans la continuité de "L’espoir qui dépasse les frontières", organisée au même endroit en octobre 2025. Alors que cette première édition abordait l’espoir comme une capacité à imaginer, à créer et à reconstruire, la nouvelle exposition s’intéresse davantage à la coexistence entre la douleur et l’espoir. La guérison n’y est pas présentée comme un processus linéaire au terme duquel toute souffrance disparaît, mais comme un cheminement qui se poursuit au milieu des incertitudes.


L’espoir, une décision de continuer malgré les épreuves


Le titre de l’exposition fait écho à la pensée de l’écrivain hébraïque Yossef Haïm Brenner, dit Y.H. Brenner, dont l’œuvre explore les difficultés et les contradictions de l’existence en Terre d’Israël. Le philosophe israélien Avi Sagi a notamment développé une réflexion autour de cette conception du "et pourtant".


Dans cette perspective, espérer ne signifie ni nier la douleur ni être certain que tout finira par s’arranger. L’espoir réside plutôt dans la décision de continuer à vivre et à agir, tout en reconnaissant la complexité de la réalité.


Cette approche traverse les œuvres présentées, qui ne cherchent pas nécessairement à proposer des réponses ou des conclusions rassurantes. Elles donnent plutôt à voir des expériences humaines dans lesquelles la fragilité, les difficultés et la possibilité d'un renouveau coexistent.


Chaque artiste apporte son propre regard sur la confrontation à l’épreuve et sur les ressources mobilisées pour continuer à avancer.



Des blessures physiques aux fragilités psychologiques


Plusieurs œuvres abordent directement les conséquences des blessures et les processus de rétablissement.

Dans une série de dessins et d’aquarelles, l’artiste Tal Goldman documente la rééducation physique d’Idan, grièvement blessé lors de son service de réserve au Liban. Son travail témoigne du chemin parcouru au cours de la reconstruction physique, en donnant une place centrale à l’expérience individuelle.


Shahar NatanZon, de son côté, utilise la figure de la "tête de taureau" pour exprimer la complexité de son combat psychologique. À travers cette représentation, il donne une forme visible à des réalités intérieures difficiles à exprimer autrement.


Avec sa sculpture intitulée "Aspiration" (Khimya), Michal Polo transforme un tabouret, habituellement associé au repos, en un objet qui suscite un sentiment de menace et de vigilance. Même lorsque le danger a disparu, la tension demeure. L’œuvre interroge ainsi la manière dont une expérience traumatique peut continuer à influencer la perception du monde après la fin de l’événement lui-même.


Ces créations montrent que les conséquences d’une épreuve ne sont pas toujours visibles. Elles peuvent se prolonger dans le corps, les émotions ou le rapport à l’environnement, bien après que les circonstances initiales ont changé.


Quand l’art ouvre un espace pour l’espoir


À côté des œuvres consacrées à la douleur, l’exposition présente des créations qui explorent différentes manifestations de l’espoir.

Un ensemble d’œuvres dominées par les nuances de bleu, associées au calme et à l’espace, comprend notamment des sculptures de l’artiste Daniella Mano Bella. Les personnages qu’elle représente prennent la forme de petites filles dépourvues de signes distinctifs d’identité, ouvrant ainsi un espace d’interprétation dans lequel chacun peut projeter ses propres émotions et expériences.


Dans un tableau d’Irena Uife, une figure paisible est représentée au bord d’un lac, le regard tourné vers le ciel. L’image évoque une forme de suspension et de tranquillité, en contraste avec les œuvres qui mettent en scène la tension et la vulnérabilité.

Shlomit Khoury, qui vit avec le lupus, présente quant à elle une sculpture en céramique représentant un loup aux nuances bleutées. À travers cet animal, l’artiste explore sa relation avec la maladie et la manière dont celle-ci s’inscrit dans son expérience personnelle.


Au-delà de la diversité des techniques et des expériences individuelles, "Et pourtant, l’espoir" propose ainsi une réflexion collective sur la résilience et la place de l’art dans les processus de reconstruction. Les œuvres ne cherchent pas à effacer les blessures, mais à montrer comment elles peuvent coexister avec de nouvelles possibilités.


L'exposition est à découvrir jusqu'au 3 décembre à l'espace Bifnocho.


Caroline Haïat


 
 
 

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