Israël : 18 artistes interrogent la mémoire du 7 octobre


À Tel-Aviv, une nouvelle exposition explore la manière dont les événements du 7 octobre et la guerre ont transformé la mémoire individuelle et collective. "Ce qui reste et ce qui s’est dissous" réunit 18 artistes à l'espace Bifnocho.
Comment se souvient-on d’un événement que l’on a vécu, mais aussi de milliers d’images auxquelles on a été exposé sans les avoir directement expérimentées ? Près de trois ans après la tragédie, cette question se trouve au cœur de l’exposition collective. Quelles traces laissées dans les consciences ? Elle explore la frontière parfois difficile à définir entre mémoire personnelle et mémoire collective, entre expérience directe et images devenues si familières qu’elles finissent par être intégrées à notre propre récit intérieur.
Les événements du 7 octobre et la guerre qui a suivi ont profondément marqué la société israélienne, à travers des expériences de violence, de perte, de déplacements de populations, d'incertitude et de bouleversement qui ont touché différentes générations à différents degrés. Mais avec le temps, un autre phénomène apparaît : celui de la transformation du souvenir.
Certains détails restent extrêmement précis tandis que d'autres s'effacent. Des visages, des lieux ou des scènes peuvent perdre leur netteté. À l'inverse, certaines images vues à répétition dans les médias ou sur les réseaux sociaux peuvent s'ancrer dans la mémoire au point de donner l'impression d'avoir été personnellement vécues.
C'est précisément cet espace incertain que l'exposition cherche à explorer.

Les œuvres présentées oscillent ainsi entre souvenirs associatifs, événements et personnes progressivement effacés, mais aussi souvenirs construits à partir d'une exposition continue aux photographies, aux vidéos et aux représentations de la guerre.
L'exposition met notamment en tension l'objet concret et les détails qui disparaissent, le témoignage et l'interprétation, ce qui demeure et ce qui se dissout.
L'exposition est organisée par Roee Kasher, photographe documentaire, musicien et auteur. Son travail s'intéresse notamment aux espaces de la guerre, aussi bien militaires que civils, et aux personnes qui les occupent. Le projet sera accompagné d'un texte écrit spécialement pour l'exposition par Yaakov Gilad, auteur-compositeur et parolier israélien.

Pour Avital Hefer, directrice des projets d'impact du groupe Reality, le lieu a été pensé pour permettre d'observer des expériences complexes et douloureuses et de leur donner une expression dans un espace favorisant l'écoute et le dialogue.
Elle souligne également que, si les événements du 7 octobre et la guerre ont marqué la conscience collective israélienne, chacun les a vécus et les porte différemment.
Cette différence entre le souvenir personnel et le souvenir collectif constitue précisément l'un des fils conducteurs de l'exposition.
L'exposition sera présentée jusqu'au 22 octobre au 9 rue Itamar Ben Avi.
Caroline Haïat





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