Israël : fumer en extérieur ne protège pas les enfants des effets du tabac, révèle une étude
- Caroline Haïat

- il y a 2 jours
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Penser qu'allumer une cigarette sur le balcon ou à l'extérieur de la maison protège les enfants de la fumée de tabac est une idée largement répandue. Pourtant, une nouvelle étude israélienne vient battre en brèche cette croyance. Des chercheurs du Centre médical Clalit-Soroka et de l'Université Ben-Gourion du Néguev démontrent que les enfants continuent d'être exposés à la nicotine, même lorsque leurs parents affirment ne jamais fumer à l'intérieur.
Publiée dans la revue scientifique Scientific Reports, cette recherche met également en évidence un lien direct entre cette exposition et une dégradation significative de la qualité du sommeil des enfants.
Une exposition invisible mais bien réelle
L'étude s'est intéressée à des enfants âgés de 1 à 12 ans, suivis pour des troubles respiratoires du sommeil tels que le ronflement ou l'apnée obstructive. Près de la moitié d'entre eux vivaient dans un foyer où au moins un parent était fumeur.
Pour mesurer précisément leur exposition au tabac, les chercheurs ont utilisé une méthode particulièrement fiable : ils ont combiné une nuit complète d'enregistrement du sommeil en laboratoire avec une analyse de la cotinine urinaire, un biomarqueur reconnu de l'exposition à la nicotine.
Les enfants présentant les concentrations de cotinine les plus élevées dormaient moins longtemps, bénéficiaient d'un sommeil de moins bonne qualité et se réveillaient beaucoup plus fréquemment au cours de la nuit. Les chercheurs ont notamment observé une augmentation de 67 % des réveils nocturnes chez les enfants les plus exposés.
La fumée tertiaire, un danger sous-estimé
L'un des principaux enseignements de cette étude concerne la fumée tertiaire, un phénomène encore méconnu du grand public. Contrairement à la fumée secondaire, inhalée directement lorsqu'une personne fume à proximité, la fumée tertiaire correspond aux particules toxiques qui persistent longtemps après qu'une cigarette a été éteinte. Ces résidus s'accrochent aux vêtements, aux cheveux, à la peau, aux meubles ou encore aux tissus de la maison, avant d'être transportés à l'intérieur du domicile. Ainsi, même lorsqu'un parent fume exclusivement à l'extérieur, ces substances nocives peuvent continuer à contaminer l'environnement des enfants.

L'étude révèle également un important décalage entre la perception des parents et la réalité biologique. Alors que les analyses urinaires confirmaient une exposition à la nicotine, près de 60 % des parents interrogés estimaient que leurs enfants n'étaient pas exposés à la fumée de cigarette.
Pour le Pr Ariel Tarasiuk, directeur de l'Unité des troubles du sommeil au Centre médical Clalit-Soroka, ces résultats montrent que les précautions habituellement prises sont insuffisantes.
"De nombreux parents pensent que fumer à l'extérieur protège leurs enfants. Nos résultats suggèrent que ce n'est pas toujours le cas. Les résidus de fumée de tabac peuvent se déposer sur les vêtements et les cheveux avant d'être transportés à l'intérieur, exposant ainsi les enfants même lorsque les cigarettes sont fumées dehors", explique-t-il.
Le spécialiste souligne que fumer sur un balcon, près d'une fenêtre ouverte ou dans une autre pièce ne permet pas d'éliminer totalement le risque d'exposition.
Au-delà des troubles du sommeil, les chercheurs rappellent que de nombreuses études ont déjà établi un lien entre un sommeil fragmenté durant l'enfance et plusieurs problèmes de santé.
Un sommeil de mauvaise qualité peut favoriser des difficultés d'apprentissage, des troubles de l'attention, des problèmes comportementaux ainsi qu'un risque accru d'obésité. Pour les auteurs, l'exposition au tabac constitue donc un facteur de risque évitable, dont les conséquences peuvent affecter durablement le développement de l'enfant.
Des recommandations claires
Face à ces résultats, les chercheurs recommandent aux professionnels de santé d'interroger systématiquement les familles sur le tabagisme lors de la prise en charge d'enfants souffrant de troubles du sommeil.
Ils invitent également les parents à prendre conscience que la seule manière de protéger totalement les enfants est de maintenir un environnement entièrement sans tabac, aussi bien à la maison que dans les véhicules.
L'étude rappelle ainsi qu'une cigarette fumée à l'extérieur ne marque pas nécessairement la fin de l'exposition : les substances toxiques peuvent continuer à accompagner le fumeur jusque dans son foyer, avec des effets mesurables sur la santé des plus jeunes.
Caroline Haïat




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