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Israël : la première clinique du futur inaugurée à Beersheva

Photo du rédacteur: Caroline Haïat
Caroline Haïat
il y a 16 heures
3 min de lecture
De gauche à droite : le professeur Ran Balicer, directeur de l'innovation de Clalit, le président de la Clalit, le général de division (res.) Yohanan Locker, la directrice du district sud de Clalit, Hedva Emuna, le maire de Beer Sheva, Ruvik Danilovich, le chef de la médecine familiale du district sud de Clalit, le Dr Assi Cicurel, le Dr Alon Lapidot. @Yossi Bar
De gauche à droite : le professeur Ran Balicer, directeur de l'innovation de Clalit, le président de la Clalit, le général de division (res.) Yohanan Locker, la directrice du district sud de Clalit, Hedva Emuna, le maire de Beer Sheva, Ruvik Danilovich, le chef de la médecine familiale du district sud de Clalit, le Dr Assi Cicurel, le Dr Alon Lapidot. @Yossi Bar

Et si la médecine du futur ne se jouait pas uniquement dans les grands hôpitaux, mais au cœur des quartiers et des lieux de vie des patients ? C’est le pari de la caisse de santé Clalit, qui a inauguré cette semaine la clinique Lavi à Beersheva dans le Néguev, présentée comme la première "Clinique du futur" d’Israël. Installée au cœur du quartier de l’innovation, la clinique fonctionne depuis trois mois et doit servir de laboratoire pour tester de nouvelles formes de médecine communautaire. Les modèles développés dans le sud ont vocation à être progressivement déployés dans le vaste réseau national de Clalit.


Le projet est le fruit de trois années de conception et de développement, menées notamment dans un contexte de guerre et de fortes tensions sécuritaires. La clinique est dirigée par le Dr Assi Cicurel, responsable de la médecine familiale du district sud de Clalit, à l’origine du modèle.


"Le vieillissement de la population, l’augmentation des maladies chroniques et les attentes croissantes en matière de qualité de service imposent au système de santé de faire davantage avec moins", explique-t-il.


La technologie comme outil, et non comme finalité


La clinique Lavi s’appuie sur un ensemble de technologies destinées à modifier le fonctionnement quotidien d’une clinique traditionnelle. Un robot de service, une station automatisée d’analyse d’urine et des dispositifs permettant de mesurer différents paramètres vitaux font notamment partie des équipements déployés.

La clinique mise également sur la télémédecine, l’autosurveillance à domicile et des outils numériques permettant aux patients de participer davantage au suivi de leur santé.


Mais pour Clalit, l’innovation ne réside pas uniquement dans les équipements. Le véritable changement concerne l’organisation des soins. Des questionnaires et des échanges dédiés doivent permettre aux équipes médicales de mieux comprendre les habitudes et le mode de vie des patients. L’objectif est notamment de développer une médecine plus préventive, capable d'identifier les risques en amont plutôt que d'intervenir uniquement lorsque la maladie se déclare. Le suivi des maladies chroniques doit également être rapproché du quotidien des patients, notamment de leur lieu de travail.


"La médecine à distance, l’autonomie des patients, le suivi avancé à domicile et les nouvelles technologies constituent peut-être le décor. Mais le socle reste le service personnalisé, la connaissance approfondie des patients et leur prise en charge par une équipe multidisciplinaire", souligne le Dr Cicurel.
Le Dr Alon Lapidot et l'infirmière Rinat avec le robot de service@Yossi Bar
Le Dr Alon Lapidot et l'infirmière Rinat avec le robot de service@Yossi Bar

Beersheva comme laboratoire de la médecine israélienne


Le choix de Beersheva n’est pas anodin. La ville s’est imposée ces dernières années comme l’un des principaux pôles israéliens dans les domaines de la cybersécurité, de l’intelligence artificielle et des technologies médicales.

Pour Clalit, le développement de cette nouvelle génération de médecine communautaire dans le sud doit également démontrer que l’innovation ne se limite pas au centre du pays.


"Lavi n’est pas seulement une clinique. C’est une déclaration d’intention", estime Hedva Emuna, directrice du district sud de Clalit. Selon elle, l’objectif est de combiner les soins personnalisés de l’organisation avec "une médecine proactive, innovante et intégrée à l’intelligence artificielle".


Le projet doit aussi s’adapter aux besoins spécifiques de la population locale, notamment à travers des initiatives de prévention et de promotion de la santé menées au niveau communautaire.


Libérer du temps pour les médecins


Derrière cette transformation se trouve une idée centrale : l’intelligence artificielle et l’automatisation ne doivent pas remplacer les professionnels de santé, mais leur permettre de consacrer davantage de temps à leurs patients.

Pour le professeur Ran Balicer, directeur de l’innovation de Clalit, c’est précisément là que se situe l’enjeu de la transformation numérique du système de santé.


"Même à l’ère des progrès technologiques et de l’intelligence artificielle, l’objectif n’est pas de remplacer le facteur humain, mais d’utiliser la technologie pour libérer la ressource la plus précieuse des soignants : leur temps et leur attention", explique-t-il.


Le modèle développé à Beersheva pourrait ainsi constituer un premier test grandeur nature d’une médecine de proximité où les outils numériques prennent en charge une partie des tâches techniques et administratives, tandis que les équipes médicales se concentrent davantage sur la prévention, l’accompagnement et la relation avec les patients.


Caroline Haïat


 
 
 

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