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Israël : première transplantation pulmonaire robotisée sans ouverture complète du thorax

Photo du rédacteur: Caroline Haïat
Caroline Haïat
29min
4 min de lecture
Beilinson
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Une première pour l'Etat hébreu. L’hôpital Beilinson a réalisé une transplantation pulmonaire robotisée sans ouverture complète de la cage thoracique ni écartement des côtes. Cette intervention de pointe, encore pratiquée dans un nombre très limité de centres médicaux à travers le monde, marque une avancée majeure dans le domaine de la chirurgie thoracique et ouvre de nouvelles perspectives pour les patients nécessitant une greffe pulmonaire.


L’opération a été effectuée à l’aide du système chirurgical robotisé da Vinci. Contrairement à la technique traditionnelle, qui nécessite une large incision, la section du sternum et l’écartement des côtes pour accéder aux poumons, les chirurgiens ont travaillé à travers plusieurs petites incisions dans le thorax. Le robot leur a permis de raccorder le poumon transplanté aux vaisseaux sanguins et aux voies respiratoires du patient avec une grande précision.


Une intervention moins invasive pour limiter les complications


La transplantation pulmonaire figure parmi les opérations les plus complexes de la chirurgie moderne. Elle dure généralement entre huit et dix heures et implique traditionnellement une ouverture importante de la cage thoracique.


Cette approche peut entraîner des douleurs postopératoires importantes, une respiration superficielle et des difficultés à évacuer les sécrétions pulmonaires. Ces complications augmentent notamment les risques d’infection et peuvent rendre la convalescence particulièrement longue et difficile, parfois sur plusieurs semaines.


La technique robotisée vise à réduire ces contraintes grâce à des incisions beaucoup plus petites. En préservant davantage la structure musculaire et osseuse du thorax, elle pourrait faciliter la respiration après l’intervention, limiter les douleurs et accélérer la récupération.


Le docteur Yury Peysakhovich, directeur du service de chirurgie thoracique de l’hôpital Beilinson et responsable de l’opération, considère cette intervention comme un tournant pour la transplantation pulmonaire en Israël.


"Après des décennies durant lesquelles nous avons utilisé la méthode traditionnelle, associée à des douleurs importantes et à de nombreuses complications, nous sommes parvenus à introduire une véritable révolution en Israël", explique-t-il.

Selon lui, cette technique pourrait devenir, d'ici cinq ans, la nouvelle norme de prise en charge.


Une préparation multidisciplinaire de grande ampleur


À ce jour, une vingtaine de transplantations pulmonaires robotisées auraient été réalisées dans le monde. La première remonte à seulement trois ans, en Espagne. La procédure nécessite une préparation particulièrement poussée, une formation spécialisée et une expertise à la fois en transplantation pulmonaire complexe et en chirurgie robotisée.


Le docteur Shai Fein, directeur du département d'anesthésiologie et des blocs opératoires de l'établissement, souligne que l'utilisation d'un robot dans une opération de cette complexité exige une coordination exceptionnelle. Les bras robotisés limitent en effet l'accès direct du personnel au patient, ce qui impose d'anticiper chaque étape et les éventuelles situations d'urgence.


La préparation a notamment porté sur la ventilation, la surveillance des paramètres vitaux et la gestion hémodynamique du patient. Une simulation chirurgicale spécifique a également été organisée. Dans ce cadre, le patient a été connecté à l'avance à une machine de circulation extracorporelle afin de garantir une assistance immédiate en cas de nécessité.


Une première étape avant la chirurgie robotisée


Cette avancée a été précédée d'une autre intervention réalisée environ un mois plus tôt à Beilinson. L'équipe médicale avait alors effectué une transplantation pulmonaire selon une approche mini-invasive, également sans ouverture complète du thorax.


Au lieu de pratiquer la large incision habituelle, les chirurgiens avaient réalisé seulement deux petites incisions, l'une au-dessus de l'abdomen et l'autre au niveau de la poitrine. Cette technique permet de mieux préserver les muscles et les nerfs, tout en améliorant la gestion de la douleur après l'opération.


Les patients peuvent ainsi respirer, tousser et évacuer plus facilement les sécrétions pulmonaires. Des éléments essentiels pour réduire les risques de pneumonie, d'infections et d'autres complications postopératoires. Cette première expérience a contribué à préparer le terrain pour la transplantation robotisée réalisée un mois plus tard.


Pour le docteur Osnat Livne-Shtraichman, directrice de l'Institut de pneumologie et d'allergologie de Beilinson, cette réussite repose avant tout sur le travail collectif des équipes médicales et sur l'expérience accumulée par l'établissement.


L'hôpital a réalisé plus de 1 000 transplantations pulmonaires, ce qui lui a permis de développer une expertise importante dans l'accompagnement des patients avant et après une greffe.


Beilinson
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Une récupération qui dépasse les attentes


L'un des principaux objectifs de cette nouvelle approche est de réduire considérablement les douleurs après une transplantation, un facteur déterminant pour la rééducation et le rétablissement des patients.


Le docteur Dan Gorfil, directeur du service de réanimation cardiothoracique de Beilinson, explique que la gestion de la douleur postopératoire constitue habituellement l'un des défis majeurs après une greffe pulmonaire.


Or, la récupération du patient ayant bénéficié de l'intervention robotisée a dépassé les attentes de l'équipe médicale. Il a eu besoin de très peu d'antalgiques, en dehors du paracétamol. Cette évolution a contribué à réduire son séjour en soins intensifs ainsi que la durée totale de son hospitalisation.


Si les résultats se confirment sur un plus grand nombre de patients, cette approche pourrait progressivement modifier les pratiques en matière de transplantation pulmonaire et améliorer sensiblement la qualité de vie des personnes greffées.


Caroline Haïat



 
 
 

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