Jaffa : une galerie d’art ouvre ses portes dans une ancienne minoterie
- Caroline Haïat

- il y a 12 heures
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Une nouvelle galerie d'art ouvre ses portes dans l’enceinte de l’ancienne minoterie historique de la rue Salame à Jaffa. Ce bâtiment emblématique est longtemps resté en marge de la vie urbaine. Baptisée "el-Matahana", la galerie est portée par Saraya Yaffa, l’institution culturelle à l’origine notamment du Théâtre arabe Al-Saraya.
Expositions, performances, ateliers et événements ouverts au public y seront prochainement proposés, offrant un nouvel espace de création et de rencontre.
Au-delà de l’ouverture d’un lieu culturel, l’initiative symbolise le début d’une renaissance pour l’un des ensembles architecturaux les plus marquants de la ville. La minoterie s’inscrit aujourd’hui au cœur d’un vaste projet de mixité d’usages – logements, activités professionnelles et institutions publiques. L’implantation de la galerie constitue la première strate visible de cette transformation, amorçant la reconversion du site en pôle urbain vivant, avant même l’aboutissement des phases de planification à long terme.
Ce projet est mené conjointement par le groupe Reality et le groupe Yitzhaki, qui développent le complexe dans une logique intégrant préservation du patrimoine, construction nouvelle et activation culturelle temporaire. Reality, spécialisé dans la valorisation immobilière intégrant des projets à impact social et artistique, considère la culture comme un levier stratégique de régénération urbaine. Cette démarche s’inscrit également dans l’agenda de la municipalité de Tel-Aviv, favorable au développement de l’art dans l’espace public.
Pour Mahmoud Abu Arisha, directeur d’Al-Saraya et d’el-Matahana, l’ouverture de la galerie dépasse largement la création d’un nouveau lieu d’exposition.
"Le complexe de la minoterie est construit sur des couches de mémoire et de récits originaires de Jaffa. Nous sommes heureux de lui redonner vie et de l’ouvrir au public à travers l’art, la performance et les rencontres. Notre ambition est d’offrir une programmation pluridisciplinaire, d’accueillir des artistes de Jaffa et d’ailleurs, et de créer un espace de dialogue, de travail collectif et de lien avec la communauté", explique-t-il.
Du côté des promoteurs, la démarche s’appuie sur une réflexion internationale.
"Nous avons mené une étude approfondie sur les anciennes minoteries et silos à grains à travers le monde, et constaté que ces structures deviennent souvent des centres de création et de vie communautaire, grâce à leurs caractéristiques architecturales uniques et à la valeur patrimoniale qu’elles portent", souligne Avital Hefer, cheffe de projets au sein du département Impact du groupe Reality. "L’immobilier, lorsqu’il s’allie à la culture et à l’art, peut devenir un moteur de transformation sociale et urbaine."
Le complexe de la minoterie n’en est pas à sa première expérimentation culturelle. Ces derniers mois, il a accueilli des initiatives à fort impact social, notamment un atelier de menuiserie thérapeutique destiné aux victimes de la guerre, ainsi que l’exposition d’art numérique BEYOND, présentée tout l’été et réunissant vingt-cinq artistes autour de créations mêlant vidéo, intelligence artificielle et art digital.
Caroline Haïat




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