top of page

Start-up israéliennes : le retour des gros investissements

  • Photo du rédacteur: Caroline Haïat
    Caroline Haïat
  • 29 déc. 2025
  • 3 min de lecture
Start-up
Start-up

Après deux années de fortes turbulences, l’écosystème technologique israélien affiche en 2025 des signes clairs de rebond. C’est ce que révèle la publication anticipée des premiers chiffres de l’Annual Report 2025 de Startup Nation Central, organisation à but non lucratif chargée de promouvoir l’innovation israélienne à l’international. Basé sur les données de la plateforme Startup Nation Finder arrêtées au 17 décembre 2025, ce rapport dresse le portrait d’une année marquée par un retour massif des capitaux, mais aussi par une profonde transformation des stratégies d’investissement.


Selon ces estimations, le financement privé en Israël a atteint 15,6 milliards de dollars en 2025, confirmant une reprise nette après une période de forte volatilité. Dans le même temps, le nombre de levées de fonds est tombé à 717 tours, son plus bas niveau depuis dix ans. Un contraste révélateur : les investisseurs réalisent moins d’opérations, mais engagent des montants nettement plus élevés. La taille médiane des deals privés a ainsi atteint un record de 10 millions de dollars, en hausse de 67 % sur un an.


"2025 n’a pas marqué un simple retour à la normale, mais un basculement vers des investissements de forte conviction", souligne Avi Hasson, directeur général de Startup Nation Central. "Lorsque des géants mondiaux comme Nvidia renforcent leur présence humaine et industrielle en Israël, et que l’on observe un volume record de 74,3 milliards de dollars en fusions-acquisitions, cela confirme qu’Israël n’est plus seulement un vivier d’idées, mais un pilier mondial pour des technologies critiques comme l’IA et la cybersécurité", dit-il.

Cette évolution se reflète dans la répartition des financements. L’amorçage et le early stage ont rebondi à 3,9 milliards de dollars, malgré une baisse du nombre de tours, traduisant des critères d’entrée plus exigeants. Les financements mid-stage ont progressé à 5,2 milliards de dollars, portés par des séries B et C plus importantes. À l’inverse, le late stage a reculé à 2,5 milliards de dollars, signe d’une plus grande sélectivité en haut de la pyramide. À elles seules, les méga-levées ont représenté près de 50 % du financement privé total.


"On observe un décalage croissant entre le discours public et les décisions stratégiques des entreprises", analyse Yariv Lotan, vice-président Produit et Data de Startup Nation Central. "Alors que les jeunes fondateurs font face à des conditions de financement plus difficiles, les multinationales, elles, accélèrent leurs investissements. Le niveau record des acquisitions reflète une volonté stratégique de sécuriser des innovations clés. Là où le marché perçoit un risque, les acheteurs stratégiques voient des opportunités qu’ils ne peuvent se permettre d’ignorer", précise-t-il.

Sur le plan sectoriel, les logiciels d’entreprise ont dominé les levées de fonds privées avec 4,5 milliards de dollars, suivis de près par la cybersécurité à 4,1 milliards. Ce secteur se distingue par une taille médiane de deal atteignant 20 millions de dollars, soit le double de celle des logiciels d’entreprise.


Le nombre d’investisseurs actifs s’est resserré à 592, mais les acteurs internationaux représentent toujours 60 % de l’ensemble, témoignant de la confiance persistante des marchés mondiaux dans la tech israélienne.


L’année 2025 restera toutefois surtout marquée par un niveau exceptionnel de fusions-acquisitions. Le montant total des opérations a atteint 74,3 milliards de dollars pour 150 transactions, principalement tiré par le rachat de Wiz par Google pour 32 milliards de dollars et celui de CyberArk par Palo Alto Networks pour 25 milliards. Même en excluant ces deux opérations majeures, la valeur totale des M&A progresse de 12 % par rapport à 2024.


Parallèlement, les financements des entreprises cotées ont fortement augmenté pour atteindre 10,3 milliards de dollars, portés par des opérations majeures sur les marchés américains, notamment pour Navan, eToro et Via, ainsi qu’une activité soutenue en PIPEs et obligations convertibles.


Au final, ces chiffres préliminaires livrent un enseignement central : une grande partie des plus grosses opérations conclues en 2025 ne relève pas d’un simple effet de reprise conjoncturelle, mais de processus d’investissement et d’acquisition de long terme, initiés parfois plusieurs années auparavant.


En pleine période d’incertitude, investisseurs et groupes internationaux ont choisi de conclure des deals d’une ampleur inédite, signe non pas de l’absence de risque, mais d’une confiance profonde dans les technologies, les talents et la capacité des entreprises israéliennes à créer de la valeur, même dans un environnement difficile.


Caroline Haïat



 
 
 

Commentaires


bottom of page