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Une nouvelle thérapie pourrait aider les soldats israéliens traumatisés par la guerre

  • Photo du rédacteur: Caroline Haïat
    Caroline Haïat
  • il y a 15 minutes
  • 3 min de lecture
Unité de traitement dédiée mise en place pour l'essai clinique de psychothérapie assistée par MDMA, où les participants suivent des séances de traitement supervisées de huit heures
Unité de traitement dédiée mise en place pour l'essai clinique de psychothérapie assistée par MDMA, où les participants suivent des séances de traitement supervisées de huit heures

Alors qu’Israël fait face à une hausse sans précédent des cas de stress post-traumatique (TSPT) depuis les attaques du 7 octobre et le début de la guerre, une étude clinique menée au centre médical HaEmek de Clalit ouvre une nouvelle piste thérapeutique pour les soldats confrontés aux blessures invisibles du combat.

Réalisée au sein du Centre de recherche et de traitement psychédélique de l’hôpital, cette étude évalue la sécurité et l’efficacité d’une psychothérapie assistée par la MDMA auprès de soldats israéliens souffrant de TSPT.


Les premiers résultats sont encourageants: environ 80 % des participants ayant achevé le traitement ont rapporté une amélioration significative de leurs symptômes, tandis que la majorité d’entre eux ne répondait plus aux critères cliniques du trouble.

Les chercheurs rappellent toutefois que cette approche reste expérimentale. La psychothérapie assistée par MDMA n’est actuellement pas reconnue comme un traitement médical standard en Israël ni aux États-Unis. Elle est uniquement proposée dans le cadre d’études cliniques strictement encadrées, sous supervision médicale et éthique.


Une crise psychologique majeure depuis le 7 octobre


Le besoin de nouvelles solutions thérapeutiques s’est considérablement accru depuis le début de la guerre. Selon les données du système de santé israélien, les diagnostics de TSPT ont augmenté d’environ 70 %, notamment après les attaques du 7 octobre et les mois de combats qui ont suivi.


Derrière ces chiffres se trouvent des milliers de soldats confrontés aux conséquences psychologiques de l’exposition prolongée aux combats, aux pertes humaines et à l’incertitude permanente.


Le Dr Alon Reshef, directeur du département de psychiatrie du centre médical HaEmek de Clalit et responsable principal de l’étude, souligne l’importance d’une prise en charge précoce.


"Le nombre de personnes confrontées au stress post-traumatique est immense. Au-delà de la souffrance personnelle des soldats, le TSPT affecte également leurs familles et la société dans son ensemble. Lorsque les patients commencent un traitement dans le premier mois ou la première année suivant l’événement traumatique, leurs chances de récupération sont nettement meilleures. Plus les années passent, plus le traitement devient complexe", explique-t-il.

L’étude est codirigée par le psychologue clinicien Ronen Sidi, ancien combattant de l’unité d’élite Duvdevan, qui apporte à la fois son expertise professionnelle et son expérience personnelle des défis rencontrés par les soldats.


"Environ 15 % des soldats exposés à des traumatismes graves sur le champ de bataille peuvent développer un TSPT chronique. Il s’agit souvent de personnes très résistantes, engagées et courageuses, mais qui ont du mal à demander de l’aide ou à parler de leur peur, de leur culpabilité ou de leur sentiment d’impuissance", dit-il.


Centre médical Clalit-HaEmek dans le nord d'Israël, ville d'Afula
Centre médical Clalit-HaEmek dans le nord d'Israël, ville d'Afula

Créer une fenêtre pour traiter les traumatismes


Le protocole thérapeutique comprend 13 séances, combinant une psychothérapie intensive et trois séances au cours desquelles la MDMA est administrée sous surveillance médicale.


Chaque séance assistée par MDMA peut durer jusqu’à huit heures et se déroule dans un environnement clinique dédié. Les participants sont accompagnés en permanence par deux thérapeutes expérimentés — psychiatres, psychologues ou travailleurs sociaux — spécialement formés au traitement des traumatismes.


Selon les scientifiques, la substance pourrait créer temporairement une "fenêtre thérapeutique" permettant aux patients d’aborder leurs souvenirs traumatiques avec davantage de régulation émotionnelle, de confiance et de sentiment de sécurité.


Une recherche strictement encadrée


Le centre médical HaEmek précise que seuls des soldats répondant à des critères précis peuvent participer à l’étude. Chaque participant fait l’objet d’une évaluation complète avant son intégration au programme. Il doit également disposer d’un environnement familial stable et bénéficier d’un suivi professionnel tout au long du processus.


Si ces premiers résultats devront encore être confirmés par des études plus larges avant une éventuelle reconnaissance médicale, les chercheurs estiment que cette approche pourrait ouvrir une nouvelle voie dans la prise en charge des traumatismes liés au combat, alors qu’Israël fait face à l’une des plus grandes crises psychologiques de son histoire récente.


Caroline Haïat


 
 
 

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