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Une étude révèle pourquoi certains comprimés sont plus difficiles à avaler pour les enfants

  • Photo du rédacteur: Caroline Haïat
    Caroline Haïat
  • il y a 1 jour
  • 3 min de lecture
Dr Yael Shapira Galitz, vice-présidente du département d’oto-rhino-laryngologie et directrice du service de la voix et de la déglutition ; Dotan Shaniv, pharmacienne clinicienne. Crédit : Centre médical Clalit-Kaplan
Dr Yael Shapira Galitz, vice-présidente du département d’oto-rhino-laryngologie et directrice du service de la voix et de la déglutition ; Dotan Shaniv, pharmacienne clinicienne. Crédit : Centre médical Clalit-Kaplan

La couleur d'un comprimé n'aurait finalement que peu d'importance. Selon une nouvelle étude israélienne, ce sont avant tout sa taille et sa forme qui déterminent la facilité avec laquelle les enfants acceptent de l'avaler. Ces résultats pourraient influencer la conception des futurs médicaments pédiatriques et améliorer l'observance des traitements dans le monde entier.


Une équipe de chercheurs du centre médical Kaplan, appartenant à Clalit Health Services, la plus grande organisation de santé d'Israël, a identifié les caractéristiques physiques des comprimés qui influencent la perception qu'ont les enfants de leur difficulté à les avaler. Les résultats ont été publiés dans le Journal of Child Health Care et présentés lors du congrès annuel israélien d'oto-rhino-laryngologie.


Un obstacle fréquent à la prise des traitements


Pour de nombreux parents, faire avaler un comprimé à un enfant relève parfois du défi. Cette difficulté conduit souvent les familles à privilégier des formulations liquides, qui ne sont pas toujours disponibles, ou à écraser les comprimés, une pratique susceptible de modifier l'efficacité de certains médicaments ou d'altérer leur dosage.


"Le premier obstacle, et peut-être le plus important, à l'observance thérapeutique chez l'enfant est d'ordre visuel", explique le Dr Yael Shapira Galitz, vice-présidente du département d'oto-rhino-laryngologie et directrice du service de la voix et de la déglutition au centre médical Kaplan.

Selon elle, mieux comprendre la manière dont les enfants perçoivent les comprimés permettrait aux médecins, pharmaciens et parents d'orienter leur choix vers des alternatives plus faciles à accepter, lorsque celles-ci existent.


Une étude menée auprès d'enfants de 8 à 15 ans


Les chercheurs ont recruté 50 enfants et adolescents âgés de 8 à 15 ans. La moitié avait déjà réussi à avaler des comprimés, tandis que l'autre moitié n'y était jamais parvenue ou rencontrait régulièrement des difficultés.


Les participants ont observé des photographies de 44 médicaments pédiatriques couramment prescrits, présentant différentes caractéristiques : taille, forme, épaisseur, couleur et transparence. Sans manipuler les comprimés ni les goûter, ils devaient simplement estimer, sur une échelle de cinq niveaux, la difficulté qu'ils pensaient éprouver à les avaler.


Cette approche a permis aux chercheurs d'isoler l'impact des seules caractéristiques visuelles sur l'appréhension de la prise du médicament.


Les comprimés ronds inspirent davantage confiance


Les comprimés allongés ont systématiquement été jugés plus difficiles à avaler que des comprimés ronds présentant pourtant un volume identique. Sans surprise, les enfants n'ayant jamais avalé de comprimés auparavant ont estimé que tous les modèles étaient plus difficiles à prendre que ceux ayant déjà acquis cette compétence. En revanche, les deux groupes partageaient les mêmes préférences concernant la forme des comprimés.


"Cela envoie également un message clair aux fabricants : la conception des médicaments destinés aux enfants doit tenir compte de leur apparence physique, et pas seulement de leur composition chimique. Des comprimés plus petits et plus ronds pourraient considérablement améliorer l'observance des traitements,"souligne le Dr Shapira Galitz.

Les pharmaciens peuvent proposer des alternatives


Le pharmacien clinicien Dotan Shaniv, également auteur de l'étude, rappelle que la majorité des médicaments sont commercialisés sous forme de comprimés en raison de leur stabilité, de leur précision de dosage et de leur faible coût de fabrication.

Cependant, plusieurs laboratoires proposent souvent des versions génériques contenant exactement le même principe actif mais présentant des dimensions ou une forme différentes.


Les chercheurs estiment que leurs travaux pourraient contribuer à faire évoluer la conception des médicaments pédiatriques en intégrant davantage les aspects ergonomiques et psychologiques liés à leur prise.


Caroline Haïat


 
 
 
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