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À Herzliya, trois artistes réinventent les objets, les corps et les matériaux

Photo du rédacteur: Caroline Haïat
Caroline Haïat
il y a 33 minutes
3 min de lecture
Yahav Gal
Yahav Gal

Trois artistes issus du master en éducation artistique de la Midrasha School of Art de Beit Berl présentent leurs travaux de fin d’études au Mishkan HaOmanim d’Herzliya, du 8 au 28 septembre. L’exposition est organisée sous le commissariat de l’artiste international Roee Rosen.


Cet événement qui a lieu pour la 3e année consécutive réunit les œuvres de Salma Samara, Yahav Gal et Tamar Averbuch; des univers artistiques distincts qui explorent chacun, à leur manière, la transformation, la recomposition et l’hybridation des matériaux, des objets et des images.


Les œuvres se distinguent par une esthétique volontairement discrète, parfois minimaliste, qui laisse pourtant apparaître des tensions, des questionnements et des formes de subversion.


Transformer les traces de l’administration


Au cœur du travail de Salma Samara se trouve Violation of Order, un livre d’artiste conçu à partir de fragments de lettres administratives détruites. L’artiste récupère les mots provenant de documents broyés par son propre appareil de bureau et les assemble pour créer un nouveau texte poétique. Des fragments issus de correspondances institutionnelles, administratives et bureaucratiques deviennent ainsi la matière première d'une œuvre qui transforme les traces de l'administration en langage artistique.


Yahav Gal développe quant à lui une pratique sculpturale fondée sur le détournement et la confrontation des matériaux.


Son travail associe différents types d’argile à des objets ready-made, créant des formes qui semblent à la fois familières et étrangères. Chaque nouvelle œuvre remet en question les précédentes et pousse l’artiste à déplacer ses propres repères.

Cette recherche repose sur un processus permanent d’expérimentation, dans lequel la matière devient un moyen de questionner les catégories traditionnelles de la sculpture et la relation entre objet artistique et objet quotidien.


Des corps hybrides entre peinture et sculpture


Chez Tamar Averbuch, les corps, les organes, les animaux et les objets se rencontrent dans des compositions picturales hybrides. Les frontières entre l’humain, l'animal et l'objet disparaissent progressivement.


Son geste pictural reste rapide, avec des couches de peinture fines et une circulation constante d’un corps à l’autre. Le résultat est à la fois poétique, excentrique et anarchique.


Salma Samara
Salma Samara

Créé il y a quatre ans, le parcours Studio du master de la Midrasha s’est progressivement développé autour d’une approche intensive de la pratique artistique. Le programme est dirigé par l’artiste Shahar Yahalom, sous la direction académique de Dr. Vered Herouti.


Les étudiants disposent d’un studio dédié ainsi que d’un accès aux différents ateliers et équipements de la Midrasha, notamment ceux consacrés à la photographie, à la sculpture, à l’impression et aux médias. Le programme comprend également des accompagnements individuels, des ateliers avec des artistes et des chercheurs, ainsi que des rencontres, conférences, expositions et séances de critique.


Le parcours est intégré aux départements d’art et de cinéma de la Midrasha, permettant aux étudiants d’évoluer au sein d’une communauté artistique active et de développer progressivement leur propre langage.


Tamar Averbuch
Tamar Averbuch

L’équipe pédagogique réunit notamment Roee Rosen, Ruti Ginzburg, Dalia Markovich, Efrat Biberman, Irena Gordon et Nimrod Matan, ainsi que d’autres artistes et chercheurs.


Pour le commissaire de l’exposition, Roee Rosen, les œuvres présentées ne constituent pas simplement l’aboutissement d’un parcours universitaire. Elles représentent plutôt un point de départ dans la construction d’une pratique artistique personnelle.

L’exposition invite ainsi le public à découvrir trois artistes à un moment particulier de leur parcours : celui où la recherche, l’expérimentation et le doute deviennent eux-mêmes une partie essentielle de l’œuvre.


L’inauguration aura lieu le 8 septembre à 19 h.


Caroline Haïat


 
 
 

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