Émirats : pourquoi la confiance est au cœur de la stratégie IA


Une récente étude de SAS et IDC montre que les entreprises qui mettent en place des mécanismes de gouvernance et de contrôle de l’intelligence artificielle obtiennent de meilleurs retours sur leurs investissements. Aux Émirats arabes unis, les progrès en matière d’IA de confiance sont particulièrement rapides. La course à l’intelligence artificielle ne porte plus seulement sur l’adoption des nouvelles technologies. Elle concerne désormais leur fiabilité, leur gouvernance et leur capacité à générer une véritable valeur économique.
Le rapport montre que les entreprises qui obtiennent les meilleurs résultats avec l’IA ne sont pas nécessairement celles qui utilisent les technologies les plus avancées. Elles sont surtout celles qui disposent de mécanismes solides pour encadrer leur utilisation.
Les organisations ayant investi dans des pratiques d’IA de confiance sont ainsi 62 % à déclarer un retour sur investissement élevé, contre seulement 4 % parmi celles qui ont moins développé ces pratiques.
Ces entreprises enregistrent également des résultats 1,85 fois supérieurs sur 13 indicateurs, notamment la croissance des revenus, la réduction des coûts et l’amélioration de l’expérience client. La question devient particulièrement importante avec le développement de l’IA agentique, des systèmes capables d’exécuter de manière autonome plusieurs étapes d’une tâche et, dans certains cas, de prendre des décisions avec une intervention humaine limitée. Plus l’IA gagne en autonomie, plus les entreprises doivent être capables de comprendre, contrôler et auditer ses décisions.
Quand l’IA ne peut pas expliquer ses décisions
97,2 % des utilisateurs déclarent avoir déjà contourné une recommandation produite par une IA, au moins dans certaines situations. La principale raison invoquée est l’incapacité du système à expliquer pourquoi il est arrivé à une décision donnée.
Cette difficulté peut avoir des conséquences concrètes pour les entreprises. Lorsqu’un salarié doit systématiquement vérifier ou corriger une recommandation générée par l’IA, une partie des gains de productivité attendus disparaît.
Le niveau de confiance diminue également lorsque les systèmes deviennent plus autonomes. Selon l’étude, il passe de 76 % pour l’IA générative à 66 % pour l’IA agentique. L’enjeu n’est donc plus uniquement de produire une réponse rapidement, mais de pouvoir déterminer si cette réponse est fiable et sur quelles données elle repose.
La qualité des données constitue un autre facteur déterminant. Selon le rapport, seulement 17,5 % des entreprises disposent aujourd’hui d’une infrastructure de données pleinement optimisée pour répondre aux besoins de l’IA agentique. Or, les organisations disposant d’une infrastructure de données optimisée sont quatre fois plus susceptibles d’anticiper un fort retour sur investissement de leurs projets d’IA.
Elles sont également six fois plus susceptibles d’imposer des contrôles portant sur la qualité des données et l’explicabilité des systèmes. Pour les entreprises, le constat est donc clair : investir dans les modèles d’IA ne suffit pas. Les performances dépendent également de la qualité des données utilisées pour les entraîner et les alimenter. Les Émirats arabes unis figurent parmi les pays où cette transformation avance rapidement.
La stratégie nationale en matière d’IA et la feuille de route de Dubaï consacrée à l’intelligence artificielle ont accéléré la mise en place de mécanismes de gouvernance dans les administrations comme dans le secteur privé.
"Les organisations aux Émirats sont rapidement passées de l’ambition en matière d’IA à son adoption", explique Michel Ghorayeb, directeur général de SAS UAE. Selon lui, cette évolution s’explique notamment par une approche descendante, les autorités ayant encouragé un déploiement rapide des dispositifs de gouvernance.
La question de la confiance intervient alors que les Émirats cherchent à renforcer leur position comme l’un des principaux pôles mondiaux de l’intelligence artificielle.
Abou Dhabi et Dubaï investissent dans les infrastructures numériques, les centres de données, les technologies avancées et les talents internationaux. Pour les entreprises opérant dans ces secteurs, la capacité à déployer une IA fiable pourrait devenir un facteur supplémentaire d’attractivité.
Dans les secteurs bancaire, assurantiel, médical ou public, où les décisions prises par les algorithmes peuvent avoir des conséquences importantes, la gouvernance devient ainsi une composante essentielle de la stratégie numérique.
Pour les Émirats, l’enjeu est désormais de passer d’une politique d’adoption rapide de l’IA à un modèle dans lequel innovation, gouvernance et rentabilité évoluent ensemble.
Caroline Haïat





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