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"Presque réel" : quand l’IA brouille les frontières du visible à Tel-Aviv

  • Photo du rédacteur: Caroline Haïat
    Caroline Haïat
  • il y a 2 heures
  • 2 min de lecture

Noam Maumovsky - "Spectateurs"
Noam Maumovsky - "Spectateurs"

Une nouvelle exposition intitulée "Presque réel" ouvrira ses portes le 21 février 2026 à 19h30 à l’espace "Bifnocho", 9 rue Itamar Ben Avi à Tel-Aviv. Portée par la communauté israélienne des designers en intelligence artificielle, elle propose une réflexion profonde sur un phénomène devenu quotidien : ces images numériques si convaincantes, si proches du réel, qu’elles nous obligent à douter.


Qui n’a pas déjà hésité devant une image aperçue en ligne, se demandant : est-ce réel ou généré par l’IA ? À l’ère où l’intelligence artificielle peut synthétiser un monde entier en quelques secondes, nous sommes confrontés à des visuels familiers, esthétiques, presque humains — et pourtant quelque chose dérange, résiste, ne s’aligne pas parfaitement.


L’exposition ne cherche pas à répondre à la question technique "comment cela a-t-il été fait ?", mais à déplacer le regard vers une interrogation plus existentielle : que nous fait cette image ? Où nous ouvre-t-elle ? Où nous ferme-t-elle ? Que ressent-on face à quelque chose qui semble "trop juste", trop lisse, trop crédible ?


Une communauté créative à l’avant-garde


Vingt-quatre artistes issus de la communauté "Designers in AI", qui compte plus de 500 membres, présenteront leurs œuvres. Tous explorent la création visuelle à l’aide de l’intelligence artificielle et participent activement aux mutations de la scène artistique contemporaine.


Natalie Shafir - La chuchoteuse aux méduses
Natalie Shafir - La chuchoteuse aux méduses

L’exposition est organisée en collaboration avec sa fondatrice, Natalie Shafir, graphiste qui étudie depuis plusieurs années l’intégration de l’IA dans la création visuelle. Le commissariat est assuré par Maya Elav Nachshon, Natalie Shafir, Noam Naumovsky, Yifat Kariv, Adi Erlich et Sahar Bar-Nissan.


"Cette exposition est le moment où la communauté numérique acquiert un corps et une présence physique. C’est une invitation à regarder autrement — à tenir ensemble la beauté et le doute, et à chercher l’empreinte humaine dans un monde qui devient, à chaque instant, presque réel", a déclaré Natalie Shafir.

Entre émotion synthétique et trouble perceptif


Parmi les œuvres présentées, Emulated Empathy de Maya Elav Nachshon montre une figure maternelle "artificielle", constituée de mécanismes, laissant couler des larmes tandis qu’un enfant s’appuie sur elle pour trouver du réconfort. L’œuvre pose une question essentielle : une émotion codée est-elle moins authentique?


Dans la série Onlookers, Noam Naumovsky explore les processus d’adolescence, ces expériences intérieures invisibles pour l’observateur extérieur mais intensément réelles pour celui qui les traverse.


Yifat Kariv présente quant à lui Between the Lines, une photographie de mode en noir et blanc : une mannequin élégante se tient sur un bitume sombre et sale. Le contraste entre sophistication et abandon urbain pousse le spectateur à interroger la nature même de la scène : réalité ou construction numérique ?


Natalie Sadovnik Shapir exposera La chuchoteuse aux méduses, une image évoquant une photographie sous-marine en gros plan, où des méduses semblent effleurer une figure féminine. L’œuvre joue subtilement avec la frontière entre le réel et le "presque réel", entre fascination et inquiétude.


L’exposition se tiendra jusqu'au 3 mars prochain à l'espace Bifnocho, situé dans l’ancien bâtiment du porte-parole de Tsahal. Ce lieu se veut un carrefour d’idées et d’initiatives sociales, favorisant l’écoute, le dialogue et la confiance au sein de la société israélienne.


Caroline Haïat



 
 
 

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