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Tel Aviv : Olga Kondina ouvre un balcon sur la mer Égée à la Galerie Rosenfeld

  • Photo du rédacteur: Caroline Haïat
    Caroline Haïat
  • 30 août 2025
  • 3 min de lecture
Oeuvre d'Olga Kondina
Oeuvre d'Olga Kondina

La Galerie Rosenfeld inaugure le 4 septembre prochain une nouvelle exposition personnelle consacrée à l’artiste Olga Kondina. Intitulée Balcony to the Aegean, cette présentation, sous le commissariat de Maya Frenkel Tene, prolonge et approfondit un tournant majeur dans la pratique de l’artiste : le passage d’un regard tourné vers la réalité extérieure à une peinture réflexive où l’atelier et le monde intérieur occupent une place centrale.


Dans ce nouveau cycle, Kondina tisse un dialogue entre l’extérieur et l’intime. La réalité concrète, souvent rendue dans une facture réaliste, est faite de paysages familiers : les rues en chantier permanent de Tel-Aviv, les travailleurs migrants, les manifestations hebdomadaires qui emplissent les places publiques, ou encore la vue sur le quartier de Shapira depuis le toit de sa maison. Face à ce quotidien chaotique, l’artiste déploie un univers intérieur nourri de rêves, de peurs et de visions fantastiques, qu’elle traduit dans une peinture colorée, rapide et expressive, proche parfois de l’abstraction. Plus le réel se fait oppressant et désordonné, plus ses toiles s’ouvrent à l’imaginaire, au rêve et à l’hallucination.


À l’instar de sa série précédente Conversations avec Aphrodite, Kondina convoque ici de nouveau des figures classiques telles qu’Aphrodite ou Antinoüs. Héritées de la tradition académique, elles deviennent une sorte de chœur antique, rappelant la filiation entre ses toiles et l’histoire culturelle de l’Occident. L’exposition témoigne aussi de l’influence de l’Inde, où l’artiste a séjourné récemment : ses paysages et ses symboles apparaissent tantôt sous forme idyllique, tantôt comme visions cauchemardesques.


Nelly dans le salon
Nelly dans le salon

Parmi les œuvres phares, la toile Nelly dans le salon reprend la composition emblématique des Ménines de Velázquez. La petite-fille de l’artiste y occupe le rôle de l’infante, tandis que Kondina elle-même se représente face au chevalet. Un chat monumental, à la fois protecteur et inquiétant, remplace le chien royal. Colonnes corinthiennes, horizon de l’Himalaya et apparition d’un Bouddha doré composent une scène à la fois intime et universelle. Alors que l’œuvre de Velázquez incarnait la puissance stable de la cour espagnole, Kondina construit autour de sa petite-fille une idylle imaginaire, esquissant l’espérance d’un ordre nouveau.


L’exposition investit également l’espace des projets (Rozi), où l’artiste présente une sélection de dessins sur papier issus de son projet Balfour-Kaplan. Initié en 2020, ce vaste ensemble documente les grands mouvements de contestation en Israël : des manifestations de Balfour liées à la pandémie de Covid-19 à celles de Kaplan contre la réforme judiciaire, jusqu’aux rassemblements récents pendant la guerre actuelle, réclamant la libération des otages et la fin du conflit. Présente dans ces mobilisations, Kondina a produit des dizaines de croquis, certains devenus de grandes peintures, mêlant engagement citoyen et création artistique.


Kaplan
Kaplan

Née à Moscou en 1965, diplômée de l’Institut de design et d’arts graphiques en 1990, Olga Kondina s’installe en Israël la même année. Cofondatrice du groupe "Le Nouveau Barbizon", elle a exposé dans de nombreuses institutions de premier plan : le Musée d’art de Tel-Aviv (2016, 2023), le musée De Appel à Amsterdam (2020), le Musée Eretz Israel à Tel-Aviv (2019), la Galerie de l’École des beaux-arts (2019), le Musée Ein Harod en Israël (2017) ou encore le Musée de Haïfa (2014). Ses œuvres figurent dans plusieurs collections publiques et privées, parmi lesquelles celles du Musée d’art de Tel-Aviv, de la Knesset et de la Banque Discount.


Avec Balcony to the Aegean, Olga Kondina confirme la singularité de son langage pictural, oscillant entre observation minutieuse du réel et échappées visionnaires. Son travail, profondément ancré dans l’histoire culturelle et politique contemporaine d’Israël, propose une peinture à la fois intime et universelle, où le chaos du présent rencontre la persistance des mythes.


L'exposition est à découvrir jusqu'au 25 octobre prochain à la Galerie Rosenfeld, 1 rue Hamifal à Tel Aviv.


Caroline Haïat



 
 
 

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